SENTIERS
DU BAROQUE DANS LA SICILE SUD-ORIENTALE
Itinéraire culturel des villes de la Vallée de Noto
« Patrimoine de l’Humanité »
Les
villes baroques de la Vallée de Noto ont été
déclarées, en juin 2002 « Patrimoine de l’Humanité
» et insérées dans la liste de l’UNESCO
pour la protection du patrimoine mondial.
Il s’agit d’une aire géographique relativement
vaste qui comprend huit villes : Caltagirone, Catane, Noto, Militello
Val de Catane, Modica, Palazzolo Aceide, Raguse et Scicli. En outre,
ces villes ont été choisies pour leur caractère
représentatif de l’ample phénomène de reconstruction
qui suivit le tremblement de terre de 1693 qui eut des répercussions
dans toute la partie sud-orientale de la Sicile. » Prendre conscience
son identité culturelle et de son destin est fondamental pour
la conservation de la ville. », c’est pourquoi le Centre
International d’Etudes sur le Baroque a organisé du 5
au 12 décembre 2003 le VIIIEME COURS INTERNATIONAL DE CONSERVATION
ET D’HISTOIRE DE L’ARCHITECTURE :
« Les Sentiers du Baroque dans la Sicile sud-orientale. »
Mentions qui justifient « l’exceptionnelle valeur
universelle » des biens culturels de la Vallée de Noto
Par
la qualité et l’homogénéité toute
particulière des ses biens architectoniques et urbanistiques,
la Vallée de Noto constitue un patrimoine « d’exceptionnelle
valeur universelle ».
En ce qui concerne la période baroque, il n’existe pas
en Europe de phénomène urbanistique comparable à
la renaissance sicilienne postérieure au tremblement de terre
de 1693 qui détruisit environ 60 villes, dont quelques unes
furent complètement rasées et d’autres fortement
endommagées ou en partie démolies.
Pour ces raisons précisément la vieille Vallée
de Noto peut être considérée à juste titre
comme le plus grand chantier de l’histoire de Sicile et peut-être
même le plus grand laboratoire d’expérimentation
des modèles internationaux du baroque.
C’est précisément la survenue d’un tel phénomène-
par la nécessaire restructuration voire la reconstruction de
nombreux centres mais aussi par la qualité exceptionnelle atteinte-qui
fait de cette aire un cas unique, du moins, un véritable tour
de force qui témoigne de l’application de critères
communs tant du point de vue culturel que constructif.
Aussi, ces huit villes sélectionnées pour faire partie
de la «Liste du patrimoine mondial » constituent des cas
exemplaires dans le contexte global de la reconstruction post-1693.
Elles ont été distinguées sur la base de caractères
relatifs à leur identité spécifique, puis selon
trois catégories, rappelées dans la World Heritage List
:
1. Centres historiques (les villes de Caltagirone,
Noto et Raguse en faisant partie) ;
2. Cadres urbains : rues et places( Place de la Cathédrale,
rue des Crociferi et monuments limitrophes de Catane ; l’ancienne
Rue du Cours saint Michel de Scicli, aujourd’hui Rue F. Mormina
Penna) ;
3.
Monuments( les églises de Saint Georges et Saint Pierre à
Modica ; Saint Sébastien et Saint Paul à Palazzolo Acreide
; Saint Nicolas et Sainte Marie de l’Etoile à Militello
Val de Catane).
L’itinéraire
est conçu comme une expérience culturelle active, qui
tend à faire émerger les caractères spécifiques
d’une diversité cependant homogène de ces divers
foyers urbains de la Vallée de Noto.
Le thème porteur est, bien sûr, le baroque; cependant
il ne s’agit pas seulement d’un « voyage »
à travers le baroque, du fait que les ressources de ce territoire
extrêmement riche ont trait simultanément au paysage
et à l’environnement mais aussi à l’archéologie.
Il suffit de songer à la zone archéologique de Syracuse,
aux sites de l’antique Noto, de Eloro, de Vendicari, de Akrai,
à la Vallée de l’Anapo, à la carrière
d’Ispica, aux sites archéologiques du territoire de Raguse,
aux ensembles paysagers de Caltagirone et Militello, à la zone
archéologique de Catane, à l’Etna et encore bien
d’autres sites. Tout cela tend à démontrer l’origine
très ancienne des foyers urbains de la Vallée de Noto
ainsi que l’attachement sacré de ses habitants en dépit
des phénomènes sismiques.